Les paysages du jour


 

  


Les plus satisfaisantes images peintes ne sont qu'une faible lueur en comparaison des harmonies qu'elles ont perçues.

Comme un echo du réel pour qui même la présence physique devant un paysage, une lumière ou un semblable, ne suffit pas à révéler l'essence.

Naviguerions nous – sans artifices aucuns - dans une sorte de flot matériel, depuis l’ordre des éthers jusqu'à celui du poids de fonte ?


  Suggérer des points de conscience, sur un temps plus immobile, entre le magma et la figure est une possibilité. Trancher entre la figure, sa mise en scène ainsi que celle de ses moyens mêmes amène le tableau dit "figuratif". Cet "espace du récit" a la narration si fragile.


La peinture est étrange. Mensonge, elle parvient par ses moyens mêmes a échapper au mensonge. On l'attends où on ne l'entends pas. Elle attends où on ne l'attends pas .

 

La matérialité des pigments, la diversité de leurs agglomérations et nuances, les jus, le foeil, le magma, la macule, la pâte, les glacis, etc, toutes ces  entrailles picturales se suffisent comme organismes. Les placer en interaction devient labyrinthique, un corps inextricable de possibles ou chaque touche pourrait aussi se suffire à l'instar du grain de sable contenant le monde.


Le peintre-minautore y  évolue en aveugle.

 


 


 

Plus simplement...


La figuration ici répond surtout au besoin de nourrir une acuité dont celle de l'enthousiasme du détail.


L'imitation du réel est toujours déformation. Le tout est d'amener cette déformation a une singularité transmissible et suffisamment marquante..

En Bretagne,la lumière change sans arrêts. Elle réactualise à nos pupilles la nature de la moindre feuille d'arbre.


Pointer les situations quotidiennes, pour tenter de les mettre en suspends serait un enjeu. Le banal et le fonctionnel mettent en fuite la posture. Ils chuchotent nos conditions face à la nature. L'univers des machines ou des transports deviennent vite en ce sens de beaux révélateurs. Leurs constructions puis leurs destructions sont toujours un témoignage.


Le médium "noble", chargé d'histoire, qu'est la peinture à l'huile oblige tout à coup,la moindre poussière à se sentir éclat. Le regard serait ainsi autre : directeur d' une tension entre une image du quotidien et sa perception.

Une manière en somme de renouer avec l'étonnement des premières années de lumière.


 


 


 

Plus poétiquement...


 

Le premier oiseau

 

Le premier oiseau avant le jour a sifflé,
Sans savoir si le bosquet ne fut brasier ou cendres.
Il a lancé son chant au  matin
Comme vire la paille dans l'air.

Et lentement la lumière sur l'inconnu
Déloge les figures brillantes
Des bouquets de noisetiers,
Des flaques, des roches
Qu'une clairière recueille

Oiseaux invisibles maintenant,
Vous aviez dormi pendant ces siècles ?
Tout paraît si calme, si étrange.


Vos chœurs stridents
Signent les couleurs

Sur l'incendie du blanc.
Aux crocs des branches
Les feuilles reviennent.

Le premier coup de hache
N''a pas entamé l'élan d'un atome
Que la vie, sans hommes, réitère.

 

n.b

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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